Sommée de se réinventer sans cesse pour ne jamais être dépassée, l’entreprise traverse aujourd’hui une période de mutation sans précédent
Qu’il s’agisse de l’arrivée d’une nouvelle génération en quête de sens sur le marché du travail, des salariés désireux d’équité et de transparence, de la recherche permanente d’innovations pour se démarquer des concurrents, et bien sûr de la transformation digitale, les facteurs de changement sont nombreux et affectent tout particulièrement les modes de management. Parmi les nouveaux modèles répondant à ces enjeux, celui de l’entreprise libérée a fait grand bruit ces derniers mois. Ses promesses sont séduisantes : le bonheur au travail, l’aplanissement de la hiérarchie, ou encore l’émancipation de la créativité des salariés. Autant d’effets que les UP Conferences ont choisi d’interroger, en conviant Isaac Getz, figure de proue de ce concept, qui accompagne désormais les plus grandes entreprises dans leur prise de liberté.
Après l’entreprise parfois martyrisée et outragée, notamment en se voyant assignée un objectif unique de maximisation du profit et son organisation verticale rigide, l’entreprise libérée ? Un salarié heureux serait un salarié deux fois moins malade, six fois moins absent et 55% plus innovant, d’après Cadremploi. Pour donner corps à ces promesses, des entreprises comme Chrono Flex, FAVI ou la biscuiterie Poult ont appliqué les préceptes d’Isaac Getz en plaçant au cœur de leurs rouages les attentes de leurs employés. Suppression de la hiérarchie pyramidale, assouplissement des horaires, comité d’évaluation des salaires, mobilité interne, sont autant de moyens qui leur ont permis de responsabiliser leur personnel et de créer in fine des entreprises plus agiles, créatives, et innovantes. Aujourd’hui, elles sont devenues les exemples français les plus remarquables de ce mouvement de libération des organisations, qui se développe à travers le monde. Véritable révolution appelée à changer durablement l’organisation du travail, ou effet de mode pour des managers en quête de nouveautés ?
Tendance de fonds pour Isaac Getz, lui qui a pensé l’entreprise libérée et en analyse désormais l’ensemble des effets positifs. Professeur à ESCP Europe, au co-auteur de l’ouvrage Liberté & Cie (Fayard, 2012), il est l’auteur de nombreuses recherches sur le management des idées, l’innovation ou encore la créativité. Fervent promoteur du bonheur au travail, il a ainsi pensé l’organisation des entreprises pour atteindre cet objectif. Ses thèses inspirent désormais nombre de managers et ne cessent de gagner en influence, comme en témoigne sa place au sein des huit meilleurs professeurs de management en Europe selon le magazine français l’Expansion.
En compagnie du porte-parole de cette nouvelle culture organisationnelle, nous vous proposons de redevenir étudiants le temps d’une soirée pour penser l’entreprise de demain. De qui et de quoi les entreprises doivent-elles être libérées ? Comment ces principes se concrétisent au sein des organisations ? Sans hiérarchie, que deviennent les managers actuels ? Comment prévenir d’éventuels effets pervers de diminution du nombre de salariés sous couverts de libération ? Quels sont les résultats des entreprises qui s’y sont convertis, et les conséquences pour leurs performances ? En quoi cette organisation favorise-t-elle le bonheur des salariés ? Ce concept est-il applicable à tous (entreprises, administrations, associations,…) ? Finalement, l’entreprise libérée tiendra-t-elle toutes ses promesses ?